La recherche en environnement

Dossier - recherche en environnement
8 décembre 2015
Dossiers
La recherche en environnement

La mer, le littoral, les terres, les forêts et les milieux humides caractérisent le paysage du Nouveau-Brunswick et en font un observatoire idéal pour la recherche en environnement. L’ensemble des phénomènes qui se produisent dans ces environnements naturels a des incidences sur les communautés, les attitudes et comportements humains et les prises de décision. Ce n’est pas par hasard que les activités de recherche autour des thématiques environnementales sont à la fois nombreuses et variées à l’Université de Moncton. L’environnement constitue d’ailleurs l’un des trois axes de développement de l’Université de Moncton, avec les études acadiennes et minoritaires, et la santé. Un axe de développement représente une orientation stratégique à privilégier dans la formation, la recherche et les services à la collectivité. L’Université de Moncton a choisi ses trois axes de développement en lien avec sa mission particulière, ses forces existantes ainsi que les besoins de la société. 

Les enjeux environnementaux, qu’ils soient locaux ou planétaires, sont plus urgents et cruciaux que jamais. Le développement durable, les changements climatiques, la qualité de l’air, du sol et de l’eau, la protection de la biodiversité et la gestion de l’énergie et des ressources naturelles figurent parmi les priorités actuelles. Les programmes d’études et la recherche en environnement sont essentiels pour bien répondre aux besoins immédiats et futurs de la société. Au fil des ans, l’Université de Moncton a consolidé son expertise de formation et de recherche en environnement, s’étant positionnée pour comprendre les enjeux environnementaux, contribuer davantage à l’avancement des connaissances dans plusieurs domaines et identifier des solutions durables aux défis qui nous entourent.

Actuellement, près de 75 membres du corps professoral des trois campus de l’Université de Moncton ont des intérêts en matière d’enseignement et de recherche en environnement. Ils sont issus d’une multitude de disciplines – à partir des sciences naturelles, telles que la biologie, la biochimie, la chimie et la géographie, en passant par les sciences de la santé et les sciences appliquées, comme l’ingénierie et la foresterie, jusqu’aux sciences humaines et sociales telles que l’économie, l’éducation, l’administration, le droit, l’histoire, la sociologie, la philosophie et les beaux-arts.

Se positionner pour avoir le plus grand impact : l’interdisciplinarité et les collaborations

Étant donné l’ampleur des enjeux, l’étude et la compréhension de questions environnementales complexes font de plus en plus appel au décloisonnement des frontières disciplinaires traditionnelles. En effet, l’interdisciplinarité et les collaborations sont au coeur de l’approche d’un nombre grandissant de chercheuses et chercheurs en environnement à l’Université de Moncton. Cette approche ajoute une valeur en ce qu’elle permet d’appréhender les enjeux environnementaux dans toutes leurs dimensions et complexités. Qui plus est, la recherche se fait rarement de manière isolée et la fréquence des interactions avec des acteurs de divers milieux augmente, que ce soit des partenaires des secteurs académique, industriel, communautaire, gouvernemental ou sans but lucratif.

La recherche en environnement à l’Université de Moncton se déploie la plupart du temps sur le terrain, soit localement ici au Nouveau-Brunswick, mais aussi ailleurs au Canada et à l’étranger. Les trois campus sont dotés d’installations et d’équipements modernes pour effectuer des travaux d’analyse. Outre ces infrastructures, l’Université de Moncton dispose également de structures autour desquelles s’articulent de nombreux projets, notamment des chaires, instituts, centres et groupes de recherche en environnement qui sont des espaces privilégiés où les chercheuses et chercheurs et les étudiantes et étudiants mènent leurs projets de recherche.

Changer les choses, un projet à la fois

En 2014-2015, les membres du corps professoral des trois campus détenaient plus d’une trentaine de subventions de recherche actives à titre de candidate ou candidat principal, dont les versements s’élevaient à plus de 600 000 $, appuyant des projets en lien avec l’axe environnement. Ces fonds sont notamment utilisés pour couvrir les salaires étudiants, l’achat d’équipement et de matériel, les déplacements aux fins de la recherche et de la diffusion des résultats, et la mobilisation des connaissances auprès des utilisatrices et utilisateurs des connaissances. Les projets de recherche en environnement menés à l’Université de Moncton sont trop nombreux pour en faire une énumération exhaustive. Les recherches concernent des sujets aussi divers que l’étude des contaminants dans le sol, la microbiologie environnementale, la statistique appliquée aux événements climatiques extrêmes, la biologie végétale, l’éducation relative à l’environnement, la matière organique dans les milieux marins, le marketing et le développement durable, les mouvements sociaux environnementaux, la conservation des paysages, l’économie de l’environnement, les énergies renouvelables, l’hydrologie, la gestion des déchets, la physiologie des poissons, l’écologie des insectes, les écosystèmes marins et l’art environnemental. Nous présentons ici un échantillon des projets en cours pour illustrer l’importante contribution de l’Université de Moncton dans la compréhension et la résolution des problèmes environnementaux. Grâce à son positionnement géographique, le campus de Shippagan est idéalement placé pour répondre aux préoccupations grandissantes liées aux défis des zones côtières. Alain Patoine, professeur au programme de développement durable et zone côtière du campus de Shippagan, s’intéresse à l’influence à la fois des facteurs naturels comme les changements climatiques, et des activités humaines telles que l’exploitation de ressources naturelles et les activités de développement économique, sur le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Grâce entre autres à l’appui financier du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, le professeur Patoine et ses étudiantes et étudiants, à l’aide de méthodes cartographiques et d’analyses biologiques sur le terrain et en laboratoire, mesurent la qualité des eaux qui ruissellent sur les bassins versants du nord-est de la province et alimentent les zones côtières. Les résultats issus de ces recherches aideront les intervenants et les décideurs régionaux et provinciaux à mettre en place des pratiques de gestion durables des milieux terrestres et aquatiques adaptés aux milieux côtiers.

Pas moins de 85 % du territoire du Nouveau-Brunswick est boisé, ce qui fait de l’École de foresterie du campus d’Edmundston un acteur clé en recherche et en formation en matière de ressources forestières. L’École de foresterie se distingue par son approche collaborative et partenariale. Les membres de son corps professoral travaillent de près avec les entreprises, organismes et intervenants du secteur forestier, surtout à l’échelle régionale, et contribuent aux actions de développement durable, que ce soit dans la résolution de problèmes concrets d’aménagement forestier ou la mise en valeur des ressources naturelles. L’École gère une forêt expérimentale de 830 hectares, située à 40 kilomètres d’Edmundston – un laboratoire naturel utilisé pour les travaux pratiques, la recherche, et les activités récréatives et éducatives. La foresterie, c’est plus que la compréhension des phénomènes physiques et des processus physiologiques. Par exemple, le professeur Stephen Wyatt s’intéresse à la gestion durable des forêts, notamment avec la perspective des Premières Nations, et à la gouvernance des boisés privés. Soutenus par les plus prestigieux organismes subventionnaires nationaux, les travaux du chercheur contribuent à outiller les collectivités locales avec lesquelles il collabore et à informer les décideurs publics et privés en matière de gestion de la forêt et de ses ressources. Ses recherches se situent à la jonction de plusieurs disciplines : la foresterie, l’anthropologie, la sociologie, la géographie et l’écologie.

Malgré la distance qui sépare le campus de Moncton de l’Arctique, l’Université de Moncton contribue de manière importante à renforcer la position du Canada et du Nouveau-Brunswick comme chefs de file dans la recherche environnementale et nordique, aux niveaux international et national. La recherche menée sous l’égide de la Chaire de recherche du Canada en écologie polaire et boréale, dont le professeur Nicolas Lecomte (Département de biologie) est titulaire, vise à mieux comprendre les changements climatiques par la détection des variations clés qui se produisent dans les écosystèmes polaires et boréaux. Ceci se fait par le biais d’études novatrices à court et à long terme ainsi que d’études à grande échelle spatiale dans plusieurs stations situées un peu partout dans l’Arctique. Chaque printemps, le professeur Lecomte rassemble son équipe d’étudiantes et d’étudiants pour passer quelques mois sur le terrain.

En mai 2015, pas moins de six étudiantes et étudiants de l’Université de Moncton sont partis à l’aventure au Nunavut pendant deux mois, vivant une expérience de formation et de recherche tout à fait riche et unique où ils ont suivi les mouvements d’espèces comme des oiseaux migratoires et des renards. Une meilleure compréhension du comportement des espèces et des écosystèmes nordiques permet de mieux comprendre le phénomène des changements climatiques. Plus près de nous, le professeur Lecomte et son équipe suivent les trajectoires migratoires des bécasseaux, ces petits oiseaux qui s’arrêtent annuellement en très grand nombre sur les côtes de la baie de Fundy, en transit du Nunavut vers l’Amérique du Sud. Grâce aux travaux du professeur Lecomte, l’Université de Moncton fait partie de réseaux nationaux et internationaux en recherche nordique et polaire.

Depuis 2014, une équipe interdisciplinaire de trois professeurs du campus de Moncton, aux expertises complémentaires, constituée d’Omer Chouinard (professeur de sociologie et au programme de maîtrise en études de l’environnement), de Céline Surette (professeure de chimie et directrice du programme de maîtrise en études de l’environnement) et de Gregory Kennedy (directeur scientifique de l’Institut d’études acadiennes), mène un projet tout à fait original sur l’adaptation des communautés côtières aux changements climatiques. Soutenu par une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, le projet concerne les communautés de Cocagne et de Grande-Digue, où l’équipe travaille en partenariat avec les collectivités locales et les groupes de développement durable de la région afin de renforcer les capacités d’adaptation, de résilience et de gouvernance des acteurs et des communautés de pratique en les appuyant dans la mise en oeuvre d’une stratégie de protection environnementale. Les travaux de l’équipe s’inscrivent dans le cadre d’un projet international et ce site qui figure parmi sept autres à travers le monde est le seul au Canada. L’originalité du projet tient à son approche, qui repose sur l’apport des sciences naturelles, des sciences sociales, de l’histoire environnementale, des arts et de la culture pour accompagner les collectivités dans le développement d’une politique d’adaptation côtière robuste et pertinente qui leur est propre. Ce projet offre aux étudiantes et étudiants qui y participent une expérience unique de contribuer de manière concrète à la prise en charge communautaire face à un sérieux défi environnemental.

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