Le prix Émergence à Philippe St-Onge

Philippe St-Onge
8 décembre 2015
Entretiens
Le prix Émergence à Philippe St-Onge

Originaire de Saint-Jacques dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, Philippe St-Onge est un triple diplômé de l’Université de Moncton avec un diplôme en sciences de la santé, un baccalauréat en sciences avec spécialisation en biologie et une maîtrise en sciences avec spécialisation en écologie marine. Il possède un doctorat en océanographie de l’Université du Québec à Rimouski.

Monsieur St-Onge a d’ailleurs remporté le prix de la meilleure thèse doctorale de l’Université du Québec à Rimouski pour le volet sciences naturelles et génie et la Médaille d’or académique du Gouverneur général du Canada.

Dans le cadre de ses études doctorales, il s’est intéressé à la connectivité génétique des populations de la mye commune. Il a réussi à développer et à identifier une série de marqueurs
génétiques spécifiques à cette espèce, une tâche particulièrement difficile à accomplir chez un mollusque bivalve. Ces marqueurs sont maintenant utilisés partout dans le monde afin de mieux comprendre les patrons de Colonisation.

Monsieur St-Onge compte déjà à son actif une dizaine de publications arbitrées. Il collabore également avec des chercheurs de partout dans le monde à la production d’une douzaine d’articles qui devraient paraître sous peu dans de prestigieuses revues scientifiques.

Depuis le début de son parcours doctoral, le jeune chercheur a décroché plus de 172 000 $ en bourses, dont une prestigieuse bourse postdoctorale accordée par la plus importante fondation de recherche du Brésil. Grâce à celle-ci, il a été stagiaire postdoctoral pendant un an et demi au centre de biologie marine de l’université Sao Paulo.

Il s’est aussi fait connaître pour son engagement communautaire et culturel. Il a été très actif en improvisation, que ce soit comme joueur, entraîneur, arbitre ou organisateur. En 2011, il est devenu le 25e membre intronisé au Temple de la renommée de la Ligue d’improvisation du Centre universitaire de Moncton.

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à l’Université de Moncton?

Je garde d’excellents souvenirs de mes années à l’Université de Moncton et j’y demeure très attaché. On dit souvent que nos meilleures années sont nos années universitaires. Je dirais que c’est certainement le cas pour moi. Le  Département de biologie a toujours été un département très dynamique au sein de l’Université de Moncton et je suis très fier d’en avoir fait partie. Un département de qualité avec des professeurs de qualité. C’est là que j’ai découvert ma passion pour la biologie marine et c’est là que j’ai fait mes premiers pas de chercheur scientifique. Bien entendu, l’improvisation fait partie de mes plus beaux souvenirs. Et c’est là que j’ai rencontré la femme de ma vie et la mère de mes enfants.
 
Avez-vous toujours été attiré par les sciences?
 
J’ai toujours été très curieux. En fait, lorsque j’ai fait mon diplôme en sciences de la santé, c’était dans l’optique de devenir vétérinaire, mais j’ai vite constaté que ma véritable passion, c’était la biologie.

Lors de vos études universitaires, vous avez eu une vie étudiante bien remplie. Que vous ont apporté ces expériences?

Les retombées de mon engagement étudiant sont  inestimables. Les activités para-académiques ont constitué une dimension importante de mon apprentissage. Cela a été très formateur et je suis persuadé que dans certaines situations, ce qu’on en retire est tout aussi important, sinon plus, que ce que l’on apprend dans les livres. Je donne souvent l’exemple de l’improvisation qui m’a donné un formidable coffre d’outils que j’utilise quotidiennement. Mon implication m’a également permis de me créer un riche réseau d’amis et de connaissances.

Vous arrivez du Brésil où vous étiez boursier postdoctoral? Que retenez-vous de cette expérience?

Ce séjour au Brésil a été très enrichissant, tant au plan professionnel qu’au plan personnel. Il n’est pas évident d’arriver dans un nouveau pays et de travailler dans une langue étrangère, mais la science est universelle et les connaissances que j’ai acquises tout au long de mon parcours universitaire m’ont été très utiles. Je dirais également que ce stage postdoctoral m’a permis de prendre conscience à quel point j’avais reçu une formation universitaire de grande qualité.

Vous pourriez faire carrière partout dans le monde, mais vous venez d’accepter un nouvel emploi comme gestionnaire de la conservation des ressources au parc national Kouchibouguac. C’était important pour vous de revenir au Nouveau-Brunswick?

Extrêmement important et c’est ce qui a motivé ma décision de relever ce nouveau défi. Lors de mes études de maîtrise et de doctorat, la majorité de mes travaux de terrain ont été réalisés au parc Kouchibouguac, un lieu que je connais bien et que j’adore. Son programme d’intégrité écologique est très bien structuré et son équipe de conservation des ressources compte parmi les meilleures au pays. C’est un privilège de me joindre à cette équipe et de la diriger. La plupart des gens avec qui je travaille sont des diplômés de l’Université de Moncton. Cela démontre bien l’importance de cette institution dans la formation de jeunes professionnels actifs dans toutes les sphères de la société. Je suis heureux d’être de retour et de pouvoir redonner à ma communauté. C’est important aussi que ma petite famille puisse grandir dans un milieu francophone.