Jean-François Bélanger - B. Arts (majeure info-communication) 1990

Jean-François Bélanger
8 décembre 2015
Pleins feux
Jean-François Bélanger - B. Arts (majeure info-communication) 1990

Lorsque nous avons rejoint Jean-François Bélanger à Paris, il rentrait tout juste d’un tournage à Bergen, en Norvège, en vue d’une série de reportages sur ce pays qui domine le marché mondial des véhicules électriques. Mais au cours des derniers mois, c’est surtout au dossier de la crise des migrants qu’il s’est consacré. Grâce à ses reportages, que ce soit en Hongrie, en Serbie, en Allemagne, en Autriche, en Turquie ou à Bruxelles, les téléspectateurs ont pu suivre et mieux comprendre l’ampleur de ce drame humain.

Depuis près de 25 ans maintenant, Jean-François sillonne le monde et couvre les grands événements qui ponctuent l’actualité internationale et qui façonnent notre monde, de la guerre en Afghanistan au tremblement de terre en Haïti en passant par les Jeux olympiques de Sotchi et l’attentat terroriste de Charlie Hebdo. Il occupe présentement le poste de correspondant télé de Radio-Canada et CBC à Paris. Auparavant, il a été correspondant de Radio-Canada en Afrique, de 2001 à 2007, puis reporter international affecté au Téléjournal. De 2010 à 2014, Jean-François a été correspondant à Moscou. Ses couvertures l’ont mené, entre autres, dans la bande de Gaza, en Afghanistan, au Liban, au Japon, en Norvège, en Égypte, en Haïti, au Sri Lanka, en Irlande, au Kosovo, en Serbie et au Yémen. En 2004, il a remporté le prix Judith Jasmin de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec pour son reportage « Le gavage des fillettes en Mauritanie », en plus d’avoir été en lice pour de nombreux prix internationaux.

Ce fabuleux parcours a commencé à Moncton. C’est en 1989 à Radio-Canada Acadie que Jean-François Bélanger, originaire de Matane en Gaspésie, a amorcé sa brillante carrière journalistique après avoir fait un baccalauréat en information-communication à l’Université de Moncton. Il quitte Moncton au début des années 1990 pour poursuivre ses études de maîtrise en journalisme à l’Université Paris-Sorbonne. Il travaillera pendant quelques années à France 2 et à France 3. 

« Je suis convaincu que je n’aurais pas eu du tout la même carrière si je n’étais pas passé par l’Université de Moncton », soutient Jean-François. « Nous avions accès à de formidables outils, que ce soit CKUM, la radio étudiante, le journal Le Front et Radio-Canada juste à côté. CKUM a été pour moi une école sans pareille, et c’est là que s’est développé davantage mon goût pour le journalisme. » Il se souvient aussi avoir participé à la mise sur pied du magazine Info-Mag, un mensuel publié par les étudiants d’information-communication qui a existé de 1988 à 1991. « On faisait tout, de A à Z, c’était très formateur. »

Rêvait-il déjà d’une carrière de grand reporter? « Oui et non, mais sans trop y croire et il y a eu des rencontres déterminantes. » Jean-François explique avoir eu la chance de côtoyer, pendant ses années d’études à Moncton, des professeurs et des coopérants français qui lui ont donné le goût d’explorer de nouveaux horizons, de tenter sa chance. « Ils nous ont ouvert le champ des possibles. »

Quelques conseils aux aspirants journalistes? Selon Jean-François, il faut faire preuve d’une grande curiosité, d’une ouverture d’esprit, d’une bonne capacité d’écoute et de beaucoup d’humilité. « Les gens ont tendance à croire qu’il s’agit d’un métier glamour, mais c’est tout sauf cela. On vit beaucoup dans nos valises qu’on trimballe d’un lieu à l’autre. Si votre motivation c’est de vous retrouver sous les feux de la rampe, vous faites peut-être fausse route. »

Témoin privilégié de l’histoire, Jean-François Bélanger explique qu’il cherche dans ses reportages à mettre des visages sur les événements et les drames qu’il couvre. « J’essaie de raconter la petite histoire dans la grande. Et même si ce n’est pas l’objectif premier, parfois on réussit à faire changer les choses, à influencer le cours des événements, à tirer certaines alarmes. J’ose croire que notre travail est utile. »

N.D.L.R. Cet entretien a été réalisé à la mi-octobre 2015.
Au moment de mettre sous presse l’édition numéro 124, Jean-François Bélanger assurait la couverture des attentats de Paris.